Collagène Type 1, 2 ou 3 : différences et comment choisir
💡 Ce qu’il faut retenir :
Le collagène type I est présent dans la peau, les os et les tendons. Le type II dans les cartilages articulaires. Le type III dans la peau et les tissus mous.
Une fois hydrolysé en complément alimentaire, le type d’origine importe peu : tous les types deviennent un mélange similaire de peptides assimilables.
Ce qui fait vraiment la différence : la qualité de l’hydrolyse, le poids moléculaire (idéalement inférieur à 2 000 Da), le dosage (5 à 10 g/jour) et une source brevetée.
Verdict : ne pas se focaliser sur le type, mais sur la qualité et l’objectif (peau ou articulations).
Sommaire
Sur les rayons des compléments alimentaires, les marques rivalisent de promesses, vous poussant souvent à hésiter entre un collagène type 1 ou 2 pour démarrer votre cure. On lit fréquemment : "collagène type 1 pour la peau", "collagène type 2 pour les articulations", ou même "type 1, 2 et 3 pour une action complète". Mais ces distinctions ont-elles vraiment du sens une fois la cure démarrée ?
L’objectif de cet article est de démêler les véritables différences scientifiques (localisation, structure) des différenciations marketing parfois exagérées. Au programme : les trois types principaux, ce qui change réellement lorsque le collagène est hydrolysé, et les vrais critères de choix pour une complémentation efficace.
Le collagène : protéine de structure majeure
Le collagène est la protéine la plus abondante du corps humain, représentant 25 à 30 % des protéines totales. Sa structure moléculaire se présente sous la forme d’une triple hélice de chaînes peptidiques, caractérisée par une séquence répétée d’acides aminés glycine-X-Y, où X et Y sont souvent la proline et l’hydroxyproline (Shoulders & Raines, 2009).
La science a identifié au moins 28 types de collagène (Ricard-Blum, 2011). Les types I, II et III constituent à eux seuls 80 à 90 % du collagène total de l’organisme. Notre production endogène diminue d’environ 1 % par an dès 25-30 ans, pour atteindre une chute de près de 75 % à 80 ans. Ce déclin progressif explique la perte de souplesse des tissus avec l’âge.
Type 1, 2, 3 : quelles différences réelles ?
Pour comprendre l’intérêt de chaque forme, voici leur répartition naturelle et les bénéfices qui leur sont associés.
Type |
Localisation dans le corps |
Bienfait recherché |
Source en cure |
|---|---|---|---|
Type I |
Peau, os, tendons, ligaments, dents (90 % du collagène total) |
Fermeté et hydratation de la peau, soutien osseux et tendineux |
Peau de poisson (marin), peau ou os bovins |
Type II |
Cartilages articulaires, vitreux de l’œil |
Confort articulaire, mobilité |
Cartilages de poulet, poisson cartilagineux |
Type III |
Peau (derme), vaisseaux sanguins, organes (foie, intestin, poumons) |
Souplesse cutanée, soutien des tissus mous |
Souvent associé au type I (mêmes sources) |
Le collagène de type I représente environ 90 % du collagène total. Il forme des fibres denses et résistantes dans la peau, les os, les tendons et les ligaments. En complémentation, il est recherché pour soutenir la fermeté cutanée et la solidité tendineuse.
Le collagène de type II possède un réseau fibrillaire plus lâche, adapté pour absorber les chocs. Composant majeur des cartilages articulaires, il est spécifiquement extrait pour formuler des complexes dédiés à la mobilité.
Le collagène de type III agit comme un maillage de soutien pour les tissus mous (derme, vaisseaux sanguins, organes internes). Fait important : les types I et III sont très souvent co-localisés dans la peau et synthétisés ensemble. C’est pourquoi on les retrouve naturellement associés dans les mêmes formules de compléments.
Une fois hydrolysé, le type d’origine compte-t-il vraiment ?
C’est ici que la science vient bousculer les discours marketing. À l’état naturel, le collagène natif n’est pas assimilable par voie orale : son poids moléculaire est d’environ 300 000 Daltons (Da), ce qui le rend incapable de franchir la barrière intestinale. Pour devenir un complément alimentaire efficace, il doit subir une hydrolyse enzymatique qui le fragmente en peptides courts, dont le poids moléculaire oscille entre 1 000 et 5 000 Da (Léon-López et al., 2019).
Une fois hydrolysés, les peptides obtenus présentent des profils en acides aminés extrêmement proches, quel que soit le type d’origine. Les seules différences mesurables portent sur des variations infimes : les teneurs en hydroxyproline (10 à 13 % pour le type I contre 9 à 10 % pour le type II) et en hydroxylysine (environ 1 % pour le type I contre 3 à 4 % pour le type II). Ces écarts n’ont aucun impact clinique démontré.
Le mécanisme d’action réel : le collagène hydrolysé ne voyage pas intact jusqu’aux tissus. Il fournit à l’organisme un pool d’acides aminés spécifiques (glycine, proline, lysine, hydroxyproline), que le corps utilise pour synthétiser son propre collagène, avec la structure exacte requise par les tissus cibles.
Les méta-analyses récentes confirment cette réalité. L’étude de Pu et al. (2023) souligne les effets positifs des peptides sur l’hydratation cutanée, tandis que la méta-analyse de Simental-Mendía et al. (2025) confirme qu’un collagène hydrolysé de type I donne des résultats cliniques similaires à ceux du type II pour le soutien de la fonction articulaire. Inversement, des peptides issus du type II peuvent bénéficier à la peau. Le type d’origine mis en avant sur l’étiquette relève davantage d’un argument marketing que d’une véritable différence biologique une fois le produit digéré.
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Les vrais critères pour choisir votre complément de collagène
Si le type d’origine n’est pas déterminant, voici les cinq indicateurs de qualité pour une complémentation efficace.
(1) La qualité de l’hydrolyse. C’est le facteur clé. Une hydrolyse enzymatique de qualité fragmente les chaînes en peptides absorbables sans dénaturer les acides aminés. Privilégiez les matières premières brevetées (Naticol®, Peptan®, Verisol®) garantissant un procédé contrôlé et publié.
(2) Le poids moléculaire. Visez un poids moléculaire moyen inférieur ou égal à 2 000 Da. En dessous de ce seuil, les peptides sont absorbés via le transporteur PEPT1 (la voie express intestinale) et atteignent rapidement la circulation sanguine. Au-dessus, l’absorption chute drastiquement.
(3) Le dosage quotidien. La majorité des essais cliniques utilisent 5 à 10 g par jour pour la peau et les articulations. Les compléments en gélules proposant des doses inférieures à 1 g par jour ne permettent pas de reproduire les résultats des études. Privilégiez les formats en poudre.
(4) L’origine : marine ou bovine. Le collagène marin (peau de poisson) présente une biodisponibilité légèrement supérieure et convient aux régimes pesco-végétariens. Le bovin est moins cher mais nécessite des étapes de stérilisation plus lourdes.
(5) Les synergies indispensables. La vitamine C est le cofacteur indispensable à la synthèse endogène. Selon l’allégation EFSA (Règl. 432/2012), la vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer le fonctionnement normal de la peau, des cartilages, des os, des dents, des gencives et des vaisseaux sanguins. Une formule combinant peptides et vitamine C est donc cohérente.
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Collagène marin ou bovin : quelle différence ?
Le collagène marin est extrait de la peau, des écailles ou des arêtes de poisson, valorisant les coproduits de la pêche. Naturellement riche en types I et III, il offre une biodisponibilité légèrement supérieure, ses peptides étant plus facilement assimilés. Son profil environnemental favorable et sa compatibilité avec un régime pesco-végétarien en font un excellent choix. Attention aux produits non maîtrisés qui peuvent conserver une légère odeur ou un goût de poisson.
Le collagène bovin est extrait de la peau ou des os de bovins. Il fournit principalement un mélange de types I et III, et parfois du type II s’il est issu de cartilage. Son avantage principal est son coût de production moins élevé. En revanche, il nécessite des étapes de stérilisation plus lourdes et une traçabilité plus exigeante.
Sources aviaire et porcine. Le collagène aviaire (cartilage de poulet) est riche en type II, ce qui explique son utilisation dans les formules articulations. La source porcine est très proche du collagène humain mais reste moins plébisicitée.
Point important : il n’existe pas de collagène végétal, cette protéine étant exclusivement animale. Les produits commercialisés comme "collagène vegan" sont en réalité des stimulateurs de la synthèse endogène : mélanges d’acides aminés isolés et de cofacteurs végétaux, agissant par un mécanisme différent.
Information importante : cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Le collagène marin contient des résidus de poisson et est formellement déconseillé aux personnes allergiques aux produits de la mer. En cas de pathologie chronique, de traitement médicamenteux, de grossesse ou d’allaitement, demandez conseil à votre médecin avant toute complémentation.
Sources
1. Pu S.Y., Huang Y.L., Pu C.M. et al. 2023. Nutrients, 15(9), 2080.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37432355/
2. Simental-Mendía M., Sánchez-García A., Simental-Mendía L.E. et al. 2025. Clinical and Experimental Rheumatology, 42.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39787627/
3. León-López A., Morales-Peñaloza A., Martínez-Juárez V.M. et al. 2019. Molecules, 24(22), 4031.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31703345/
4. Ricard-Blum S. 2011. Cold Spring Harbor Perspectives in Biology, 3(1), a004978.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21421911/
5. EFSA. Règlement (UE) n° 432/2012 — Allégations de santé autorisées (Vitamine C).
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32012R0432





