Excès d'iode : signes, effets sur la thyroïde et précautions
💡 Ce qu’il faut retenir :
L'iode est indispensable à la production des hormones thyroïdiennes. Mais comme souvent en nutrition, plus n'est pas forcément mieux.
Chez l'adulte, la limite supérieure de sécurité (LSS) est fixée à 600 µg d'iode par jour, tous apports confondus.
Un excès ponctuel est généralement bien toléré par une thyroïde en bonne santé. Les risques concernent surtout les apports excessifs répétés sur le long terme.
Les personnes atteintes d'une maladie thyroïdienne, les femmes enceintes ou allaitantes, les jeunes enfants et les consommateurs réguliers d'algues riches en iode doivent être particulièrement vigilants.
Sommaire
L'excès d'iode peut sembler être un faux problème. Après tout, on entend beaucoup plus souvent parler de manque d’iode que d'apports trop élevés. Pourtant, l'équilibre est plus subtil qu'il n'y paraît. Car si l'iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes, un apport excessif peut aussi perturber leur production.
C'est d'ailleurs ce qui rend cet oligo-élément assez particulier : trop peu peut poser problème, mais trop aussi. Chez l'adulte, la limite supérieure de sécurité (LSS) fixée par l'EFSA est de 600 µg par jour. Alors, à partir de quand parle-t-on réellement d'excès d'iode ? Qui doit être particulièrement vigilant avant de se supplémenter ? On fait le point.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical.
À partir de quelle dose parle-t-on d'excès d'iode ?
Les autorités de santé ne définissent donc pas seulement des apports recommandés, mais aussi une limite supérieure de sécurité (LSS), c'est-à-dire la quantité maximale pouvant être consommée quotidiennement sur le long terme sans risque identifié pour la majorité de la population.
Chez l'adulte, l'EFSA et l'ANSES fixent la limite supérieure de sécurité (LSS) à 600 µg d'iode par jour, tous apports confondus (1). Cela inclut l'iode provenant de l'alimentation, du sel iodé, des compléments alimentaires ou encore de certaines algues particulièrement riches en iode.
Cette limite est ajustée chez les plus jeunes :
Âge |
Limite supérieure de sécurité |
1 à 3 ans |
200 µg/jour |
4 à 6 ans |
250 µg/jour |
7 à 10 ans |
300 µg/jour |
11 à 14 ans |
450 µg/jour |
15 à 17 ans |
500 µg/jour |
Pour autant, un surdosage d’iode n'est pas forcément problématique. Une thyroïde en bonne santé est généralement capable de gérer un apport élevé occasionnel. Ce sont surtout les apports excessifs répétés pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois qui peuvent devenir plus délicats.
Il faut garder en tête que l'écart entre l'apport recommandé chez l'adulte (150 µg par jour) et la LSS (600 µg par jour) reste relativement réduit. La revue Prescrire soulignait d'ailleurs en 2021 que cette marge est plus étroite qu'on ne l'imagine souvent, ce qui invite à rester vigilant en cas de cumul de plusieurs sources d'iode.
Quels effets possibles d'un excès d'iode sur la thyroïde ?
La thyroïde a besoin d'iode pour fabriquer ses hormones. Pourtant, lorsque les apports deviennent excessifs sur une longue période, l'équilibre peut se rompre. Les conséquences observées dans la littérature scientifique concernent principalement des personnes présentant déjà une prédisposition ou une maladie thyroïdienne sous-jacente (2 ; 3).
1. Une hyperthyroïdie induite
Chez certaines personnes, trop d’iode peut favoriser une production importante d'hormones thyroïdiennes, un phénomène appelé hyperthyroïdie induite par l'iode. Cette situation est surtout observée chez les personnes présentant un goitre nodulaire ou une maladie de Basedow non diagnostiquée. La thyroïde, déjà fragilisée, utilise alors cet apport supplémentaire d'iode pour produire davantage d'hormones que nécessaire.
2. Une hypothyroïdie induite : le paradoxe de l'effet Wolff-Chaikoff
À l'inverse, un excès d'iode peut aussi ralentir l'activité de la thyroïde. Ce mécanisme, connu sous le nom d'effet Wolff-Chaikoff, correspond à une réaction de protection naturelle : face à un afflux important d'iode, la glande réduit temporairement sa production d'hormones. Chez certaines personnes, notamment en cas de thyroïdite de Hashimoto, cette adaptation peut être moins efficace et s'accompagner d'une hypothyroïdie.
3. Une thyroïdite auto-immune
Plusieurs travaux scientifiques se sont également intéressés au lien entre apports élevés en iode et thyroïdite auto-immune. Cette inflammation de la thyroïde implique un dérèglement du système immunitaire. Les données disponibles suggèrent qu'un excès chronique d'iode pourrait favoriser ce phénomène chez les personnes génétiquement prédisposées.
Heureusement, ces effets concernent avant tout des profils particuliers. Chez une personne dont la thyroïde fonctionne normalement, les variations d'apport en iode sont généralement bien tolérées grâce aux mécanismes de régulation dont dispose naturellement la glande.
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Quels sont les signes d'un excès d'iode ?
Les signes d'un excès d'iode peuvent varier selon l'importance des apports et leur durée.
En cas d'apport très élevé et ponctuel, par exemple après la consommation d'une grande quantité d'algues particulièrement riches en iode, les signes rapportés peuvent inclure :
un goût métallique dans la bouche ;
une sensation de brûlure dans la bouche ou la gorge ;
des nausées ;
des vomissements ;
des douleurs abdominales ;
des maux de tête.
Lorsqu'un excès d'iode s'installe de façon plus progressive, les signes peuvent être plus discrets :
une variation du rythme cardiaque ;
une sensibilité inhabituelle au chaud ou au froid ;
une fatigue persistante ;
des modifications du poids ;
un gonflement à la base du cou (goitre).
Aucun de ces signes n'est toutefois spécifique à un surdosage d'iode. Ils peuvent avoir de nombreuses autres causes et ne permettent pas d'établir un diagnostic. En cas de doute ou de signes inhabituels, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.
Quelles sont les populations les plus à risque ?
Nous ne sommes pas tous égaux face à l'iode. Une consommation qui ne pose aucun problème chez une personne peut nécessiter davantage de précautions chez une autre. Alors, qui doit être particulièrement vigilant vis-à-vis de ses apports en iode ?
Population |
Pourquoi être vigilant ? |
Personnes atteintes d'une maladie thyroïdienne (Hashimoto, Basedow, goitre nodulaire) |
Une modification des apports peut influencer le fonctionnement de la thyroïde. Toute supplémentation doit être discutée avec un professionnel de santé. |
Femmes enceintes et allaitantes |
Un excès d'iode peut traverser le placenta pendant la grossesse et passer dans le lait maternel pendant l'allaitement. |
Nourrissons et jeunes enfants |
Leur organisme est plus sensible aux variations d'apport et leur capacité d'élimination reste plus limitée. |
Personnes sous traitement thyroïdien (lévothyroxine, notamment) |
Un avis médical est recommandé avant d'ajouter une supplémentation en iode. |
Consommateurs réguliers d'algues riches en iode |
Certaines algues, comme le kombu, peuvent apporter des quantités très importantes de cet oligoélement. |
Personnes cumulant plusieurs sources d'iode |
Multivitamines, complément alimentaire, algues et sel iodé peuvent rapidement faire grimper les apports quotidiens. |
Cela ne signifie pas que ces personnes doivent systématiquement éviter l'iode. Il reste indispensable à l'organisme. Mais si vous êtes concerné par l'une de ces situations, il est préférable de faire le point avec un professionnel de santé avant de modifier ses apports ou de débuter une cure de complément alimentaire.
Comment éviter un excès d'iode ?
Dans la plupart des cas, éviter un excès d'iode est relativement simple. Il s'agit surtout de garder un œil sur ses différentes sources d'apport et d'éviter les cumuls inutiles.
✅ Respectez toujours la posologie indiquée sur votre complément alimentaire. Par exemple, notre Iode Marin apporte 150 µg d'iode par gélule, soit 100 % des valeurs nutritionnelles de référence. Il n'est pas nécessaire de dépasser cette dose.
✅ Vérifiez la composition de vos multivitamines. Beaucoup de formules contiennent déjà entre 75 et 150 µg d'iode par jour, parfois sans que l'on y prête attention.
✅ Consommez avec modération les algues très riches en iode, comme le kombu. L'ANSES recommande de limiter leur consommation à une à deux fois par semaine.
✅ Demandez l'avis d'un professionnel de santé avant toute supplémentation en cas de maladie thyroïdienne, de grossesse ou d'allaitement.
✅ En cas de doute sur votre statut iodé, votre médecin peut prescrire une iodurie (dosage urinaire) afin d'évaluer vos apports en iode.
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Les informations présentes dans cet article sont fournies à titre informatif et ne se substituent en aucun cas à un avis médical. En cas de signes inhabituels ou de doute sur votre statut en iode, consultez un professionnel de santé.
Sources :
1. EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA) / Scientific Committee on Food (SCF), 2006. Tolerable Upper Intake Levels for Vitamins and Minerals (compilation des avis). Tables récapitulatives consolidées : https://www.efsa.europa.eu/sites/default/files/assets/UL_Summary_tables.pdf
2. Zimmermann MB, Boelaert K, 2015. Iodine deficiency and thyroid disorders. The Lancet Diabetes & Endocrinology 3(4):286-295. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25591468/
3. Luo Y, Kawashima A, Ishido Y, Yoshihara A, Oda K, Hiroi N, Ito T, Ishii N, Suzuki K, 2014. Iodine Excess as an Environmental Risk Factor for Autoimmune Thyroid Disease. International Journal of Molecular Sciences 15(7):12895-12912. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25050783/
4. ANSES, 2018. Avis relatif à la consommation d'algues : risques liés à des apports élevés en iode. https://www.anses.fr/fr/content/consommation-dalgues-rester-vigilant-sur-le-risque-dexces-dapport-en-iode





