Les 3 phases de la ménopause expliquées
💡 Ce qu’il faut retenir :
3 phases distinctes composent la transition ménopausique : la périménopause (phase de transition de 2 à 7 ans), la ménopause (un point unique correspondant aux dernières règles, confirmé après 12 mois d'aménorrhée) et la postménopause (qui dure ensuite toute la vie).
Une transition longue : l'ensemble peut s'étaler sur 10 à 15 ans, les manifestations actives s'atténuant généralement dans les 5 à 10 années qui suivent la ménopause.
Âge moyen en France : 50 à 51 ans pour la ménopause (référence Ameli). Avant 40 ans, on parle de ménopause précoce (environ 1 % des femmes) ; avant 45 ans, de ménopause prématurée.
Classification scientifique de référence : STRAW+10 (Stages of Reproductive Aging Workshop, mise à jour 2011), qui distingue 7 stades précis depuis la fin de la période fertile jusqu'à la postménopause tardive.
Chaque phase a ses propres enjeux : cycles irréguliers et bouffées de chaleur en périménopause, confirmation diagnostique en ménopause, suivi osseux et cardiovasculaire en postménopause.
Sommaire
Les phases de la ménopause sont au nombre de trois et constituent ensemble une transition hormonale qui ne se résume pas à un événement ponctuel. Contrairement à une idée reçue, la ménopause ne correspond pas à un "jour J" mais à un processus progressif qui peut s'étaler sur 5 à 15 ans, avec une physiologie et des besoins propres à chaque étape. Périménopause, ménopause, postménopause : chacune mérite d'être comprise pour mieux la traverser.
Dans cet article, vous trouverez le découpage scientifique de référence (la classification STRAW+10), les durées moyennes de chaque phase, leurs principales manifestations et les enjeux santé associés. À garder en tête : ces phases sont indicatives, et chaque femme les traverse à son propre rythme, avec sa propre intensité.
Pourquoi la ménopause se déroule-t-elle en plusieurs phases ?
La fonction ovarienne ne s'arrête pas du jour au lendemain. Elle décline progressivement, sur plusieurs années, ce qui explique pourquoi la transition ménopausique se découpe naturellement en plusieurs phases. Concrètement, le mécanisme est le suivant : la réserve folliculaire (le nombre d'ovocytes disponibles dans les ovaires) diminue dès la naissance, puis de plus en plus rapidement à partir de 35-40 ans. À mesure que les follicules s'épuisent, la production des hormones féminines (œstrogènes et progestérone) commence à fluctuer, puis diminue franchement, avant de devenir très basse et stable.
C'est ce déclin progressif qui explique le découpage en phases. Pour standardiser la description scientifique de cette transition, un groupe international d'experts a élaboré la classification STRAW+10 (Stages of Reproductive Aging Workshop, mise à jour en 2011) [1]. Cette classification distingue 7 stades précis, depuis la fin de la période fertile (stade -3) jusqu'à la postménopause tardive (stade +2). C'est aujourd'hui la référence internationale pour parler de transition ménopausique. Pour la vulgarisation, on retient cependant les 3 grandes phases que tout le monde connaît : périménopause, ménopause et postménopause.
Préménopause vs périménopause : une question de vocabulaire
C'est l'un des points de confusion les plus fréquents quand on s'informe sur la ménopause. Il faut donc clarifier : dans le langage scientifique international (notamment anglo-saxon), la "préménopause" désigne en réalité toute la période de la vie hormonale fertile, depuis les premières règles jusqu'à la ménopause. La "périménopause" désigne quant à elle la phase de transition qui précède directement la ménopause, environ 2 à 7 ans avant les dernières règles.
Côté français courant, en revanche, les deux termes sont devenus synonymes. "Préménopause" et "périménopause" désignent indifféremment la phase de transition, celle où les premières manifestations apparaissent. C'est ce sens courant qui sera utilisé dans la suite de cet article, en harmonie avec l'usage des principales ressources francophones (Ameli, lamenopause.fr, A.Vogel). Quand le contexte le demande, nous préciserons "périménopause au sens scientifique" pour lever toute ambiguïté.
Phase 1 : la périménopause (préménopause)
La périménopause est la phase de transition, généralement comprise entre 45 et 50 ans (parfois plus tôt, parfois plus tard). Sa durée moyenne est de 4 ans, avec une fourchette qui s'étend de 2 à 7 ans selon les profils. C'est elle qui pose souvent le plus de questions, car elle marque le début des changements perceptibles au quotidien.
Côté physiologie, cette phase est caractérisée par une diminution irrégulière de la production d'œstrogènes et de progestérone. Les fluctuations hormonales sont importantes, parfois marquées d'un cycle à l'autre, ce qui explique pourquoi les manifestations peuvent varier en intensité d'une semaine à l'autre. Parmi les principaux signes rencontrés :
Cycles menstruels irréguliers : raccourcissement ou allongement des cycles, modification du flux, sauts de règles. C'est souvent le premier signal.
Premières bouffées de chaleur : généralement légères au début, elles peuvent devenir plus marquées au fil des mois.
Modifications du sommeil : difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, sommeil plus léger.
Variations de l'humeur : sensibilité émotionnelle accrue, baisse de moral ponctuelle, tensions du quotidien ressenties plus intensément.
Sensibilité mammaire : douleurs des seins en lien avec les fluctuations hormonales, souvent dans la deuxième partie du cycle.
Modifications du poids : légère prise de poids et redistribution graisseuse vers la ceinture abdominale, en lien avec la baisse hormonale.
Information importante à connaître : la fertilité diminue pendant la périménopause, mais elle n'est pas nulle. Tant que les règles ne se sont pas arrêtées définitivement (12 mois consécutifs d'aménorrhée), une grossesse reste possible. Une contraception adaptée reste donc nécessaire pendant toute cette phase (référence Ameli) [2]. Un suivi gynécologique régulier est par ailleurs recommandé, à la fois pour ajuster la contraception et pour faire un bilan global. Pour un descriptif détaillé des manifestations de cette phase, voir notre article sur les signes de la ménopause.
Phase 2 : la ménopause
C'est la phase la plus brève des trois, et de loin. Techniquement, la ménopause correspond à la date des dernières règles. Stricto sensu, elle ne dure donc qu'un seul jour. Cela dit, elle ne peut être confirmée qu'après 12 mois consécutifs sans règles : le diagnostic est donc toujours rétrospectif. C'est pour cela que les femmes ne savent jamais en direct qu'elles sont en train de vivre leur dernière période menstruelle ; elles ne le réalisent qu'un an plus tard.
En France, l'âge moyen de la ménopause se situe entre 50 et 51 ans (référence Ameli) [2]. Quelques cas particuliers à connaître : avant 40 ans, on parle de ménopause précoce, qui concerne environ 1 % des femmes. Entre 40 et 45 ans, on parle de ménopause prématurée. Au-delà, c'est une ménopause considérée comme physiologique.
Côté biologie, cette phase correspond à l'arrêt définitif de la fonction ovarienne. Le taux d'œstrogènes devient très bas, tandis que celui de la FSH (hormone folliculo-stimulante) augmente franchement, car l'hypophyse cherche à compenser le manque de signal ovarien. Un dosage hormonal sanguin (FSH, œstradiol) peut aider à confirmer le statut ménopausique en cas de doute, mais il n'est pas systématique : le diagnostic clinique fondé sur l'absence de règles depuis 12 mois suffit dans la grande majorité des cas. Si un dosage est jugé utile, il est prescrit par le médecin.
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Phase 3 : la postménopause
La postménopause débute 12 mois après les dernières règles et dure ensuite jusqu'à la fin de la vie. C'est donc, de loin, la phase la plus longue des trois. Côté hormonal, le tableau est désormais stable : les œstrogènes restent à un niveau très bas, il n'y a plus de cycles menstruels et la fertilité naturelle est définitivement arrêtée.
Pour autant, la postménopause n'est pas une phase "calme". Plusieurs manifestations et enjeux de santé spécifiques apparaissent à cette période, qu'il est important de connaître pour les anticiper :
Persistance des bouffées de chaleur : chez environ 25 % des femmes, les bouffées peuvent persister jusqu'à 10 ans après la ménopause (référence ELSAN). C'est donc loin d'être une manifestation passagère.
Sécheresse vaginale et inconfort intime : atrophie de la muqueuse vulvo-vaginale, parfois inconfort lors des rapports. Ce sujet est à aborder en consultation, car des solutions locales existent.
Diminution de la densité osseuse : la perte osseuse s'accélère pendant les 5 à 10 premières années qui suivent la ménopause, ce qui augmente le risque d'ostéoporose. Une ostéodensitométrie peut être prescrite en cas de facteurs de risque. La vitamine D3 contribue à l'absorption normale du calcium et au maintien d'une ossature normale, la vitamine K2 contribue également au maintien d'une ossature normale (allégations EFSA reconnues, Règlement 432/2012).
Risque cardiovasculaire : l'effet protecteur des œstrogènes disparaît progressivement, et le risque cardiovasculaire rejoint celui des hommes du même âge. Un suivi régulier (pression artérielle, cholestérol, glycémie) devient particulièrement pertinent à partir de la postménopause.
Modification de la composition corporelle : tendance à la perte de masse musculaire (sarcopénie) et augmentation de la masse grasse. Une activité physique régulière, et notamment des exercices de renforcement musculaire, devient un levier majeur pour préserver la masse maigre.
Côté manifestations actives (bouffées de chaleur, troubles du sommeil), elles s'atténuent généralement dans les 5 à 10 années qui suivent la ménopause. Les enjeux structuraux (densité osseuse, santé cardiovasculaire) restent cependant à surveiller toute la vie.
Comment accompagner chaque phase de la ménopause ?
Quelle que soit la phase traversée, certains piliers d'hygiène de vie restent valables, à adapter selon le profil et les besoins. Voici les leviers à privilégier :
Suivi gynécologique régulier : 1 à 2 fois par an selon les profils. Consultation préventive, frottis, mammographie selon le calendrier recommandé.
Alimentation équilibrée : riche en calcium et vitamine D (produits laitiers, poissons gras, légumes verts), avec un apport correct en protéines pour préserver la masse musculaire.
Activité physique régulière : combiner renforcement musculaire (préservation de la masse maigre et de la densité osseuse) et endurance (santé cardiovasculaire). 150 minutes par semaine d'activité modérée est la recommandation OMS.
Gestion du stress et du sommeil : techniques de relaxation, cohérence cardiaque, sophrologie, sommeil régulier. Limiter les écrans le soir.
Limiter alcool, café et tabac : ces facteurs aggravent les bouffées de chaleur et augmentent le risque cardiovasculaire et osseux.
Traitement hormonal de la ménopause (THM) : pour les manifestations qui altèrent significativement la qualité de vie, le médecin peut proposer un THM, sur la base d'une décision personnalisée et après évaluation du rapport bénéfices/risques.
Solutions non hormonales : pour les femmes qui souhaitent éviter une approche hormonale, des options existent (phytothérapie, compléments alimentaires sans phyto-œstrogènes, sophrologie, acupuncture). Pour aller plus loin, voir notre article sur la ménopause sans hormone.
En complément d'une bonne hygiène de vie et après avis médical, certains compléments alimentaires ciblés peuvent accompagner cette période. La Formule Ménopause Novoma associe par exemple 6 actifs complémentaires (pollen, mélisse, safran Affron®, resvératrol ResveratrOx®, vitamine K2 K2VITAL® et vitamine D3 D3V®), sans isoflavones ni phyto-œstrogènes, dans une approche non hormonale.
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Pour explorer d'autres aspects de cette transition, vous pouvez consulter nos articles dédiés aux bouffées de chaleur de la ménopause ou à la prise de poids à la ménopause. Notre collection ménopause regroupe l'ensemble de nos références adaptées à cette période.
Les informations présentes dans cet article sont fournies à titre informatif et ne se substituent en aucun cas à un avis médical. Chaque phase de la ménopause mérite un accompagnement personnalisé par un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme). Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée et à un mode de vie sain.
Sources
[1] Harlow S.D., Gass M., Hall J.E., Lobo R., Maki P., Rebar R.W., Sherman S., Sluss P.M., de Villiers T.J. (2012). Executive summary of the Stages of Reproductive Aging Workshop + 10 : addressing the unfinished agenda of staging reproductive aging. Menopause, 19(4):387-395. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22343510/
[2] Ameli, Assurance Maladie (2024). Périménopause (préménopause) : signes et contraception. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/menopause/perimenopause-premenopause-symptomes-et-contraception
[3] Organisation Mondiale de la Santé (2024). Ménopause, aide-mémoire. Fiche officielle OMS. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/menopause
[4] Davis S.R., Lambrinoudaki I., Lumsden M., Mishra G.D., Pal L., Rees M., Santoro N., Simoncini T. (2015). Menopause. Nature Reviews Disease Primers https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27188659/
[5] Règlement (UE) n°432/2012 de la Commission du 16 mai 2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires (vitamines D3 et K2 pour le maintien d'une ossature normale).https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32012R0432





