Iode pendant la grossesse : besoins, rôle pour le fœtus et précautions
💡 Ce qu’il faut retenir :
Les besoins en iode augmentent pendant la grossesse et l'allaitement : 200 µg par jour selon l'ANSES et l'EFSA, jusqu'à 250 µg selon l'OMS.
L'iode participe à la production normale d'hormones thyroïdiennes qui jouent un rôle clé dans le développement du système nerveux central et la multiplication des neurones.
En France, l'alimentation permet souvent de couvrir une grande partie des besoins grâce aux poissons, aux œufs, aux produits laitiers et au sel iodé.
La supplémentation ne doit jamais être improvisée : seul un professionnel de santé peut l'évaluer, idéalement à partir d'une iodurie.
Sommaire
Doit-on prendre de l'iode pendant sa grossesse ? Si cette question revient si souvent, c'est parce que les besoins augmentent dès les premières semaines. L'iode est indispensable au développement cérébral du fœtus, mais cela ne signifie pas qu'une supplémentation soit nécessaire dans tous les cas. L'ANSES et l'EFSA recommandent 200 µg par jour pendant la grossesse, contre 150 µg chez l'adulte, tandis que l'OMS va jusqu'à 250 µg.
Le sujet fait d'autant plus débat que certaines études françaises ont observé des apports parfois insuffisants. En région niçoise, près de 80 % des 330 femmes suivies présentaient une iodurie inférieure aux seuils de l'OMS (1), sans que ces résultats puissent être généralisés à l'ensemble du pays.
Toute supplémentation chez les femmes enceintes doit faire l'objet d'un avis médical préalable. Dans cet article, nous vous donnons les clés pour comprendre les besoins en iode pendant la grossesse et son importance pour le développement du bébé.
Pourquoi l'iode est-il essentiel pendant la grossesse ?
Tout comme l'acide folique, l'iode fait partie des nutriments qui méritent une attention particulière pendant la grossesse. Son rôle est parfois moins connu, mais il devient indispensable dès les premières semaines. La thyroïde maternelle doit alors produire davantage d'hormones pour répondre aux besoins de la mère et du futur bébé, ce qui nécessite des apports suffisants en iode.
Cette étape est particulièrement importante au premier trimestre. Le fœtus ne possède pas encore sa propre thyroïde et dépend entièrement des hormones maternelles, qui participent au développement du système nerveux et à des fonctions cognitives normales.
Concrètement, les hormones thyroïdiennes interviennent à plusieurs étapes du développement du cerveau du bébé :
✅ La multiplication et la maturation des neurones, qui permettent au système nerveux de se construire progressivement.
✅ La formation de la myéline, une gaine protectrice indispensable à la bonne transmission des messages nerveux.
✅ Le développement de certaines structures cérébrales, notamment celles impliquées dans la mémoire et les apprentissages.
À partir de la 18ᵉ semaine de grossesse, la thyroïde du fœtus commence progressivement à fonctionner. Elle a alors besoin d'iode pour fabriquer ses propres hormones et poursuivre son développement.
C'est pour ça que les besoins en iode augmentent dès le projet bébé et restent élevés tout au long de la grossesse, puis pendant l'allaitement.
📚 Vous souhaitez mieux comprendre le rôle de cet oligo-élément ? Découvrez notre article sur les bienfaits de l'iode.
Quels sont les besoins en iode pendant la grossesse et l'allaitement ?
L'OMS insiste sur l'importance d'un statut iodé satisfaisant avant même la conception.
En France, l'ANSES et l'EFSA recommandent un apport de 200 µg d'iode par jour pendant la grossesse, mais aussi pendant toute la durée de l'allaitement. L'OMS retient pour sa part une valeur légèrement plus élevée, fixée à 250 µg par jour.
Ces recommandations restent bien en dessous de la limite supérieure de sécurité (LSS), établie à 600 µg par jour chez l'adulte par l'EFSA. Cela peut sembler confortable, mais l'écart entre les besoins et les apports excessifs n'est finalement pas si important.
Autrement dit, il ne suffit pas de se dire que “plus d'iode sera forcément bon pour maman et bébé”. Entre l'alimentation, les multivitamines grossesse et d'éventuels compléments alimentaires, les apports peuvent vite s'additionner et faire grimper votre taux. Pas question d'improviser donc : un avis médical est nécessaire avant d'envisager une supplémentation en iode pendant la grossesse ou l'allaitement.
Conséquences possibles d'un apport insuffisant en iode pendant la grossesse
On parle souvent d’un excès d’iode, mais un apport très insuffisant peut lui aussi avoir des conséquences pendant la grossesse. Les situations de déficit sévère restent néanmoins rares en France, au point que l'OMS classe la France parmi les pays présentant une déficience iodée modérée.
Les données disponibles concernent surtout les femmes dont l'iodurie est inférieure à 100 µg/L, seuil retenu par l'OMS pour caractériser un apport insuffisant. Dans ce contexte, les travaux de l'ANSES et les méta-analyses Cochrane suggèrent plusieurs conséquences possibles pour la mère et le bébé.
Parmi elles, on retrouve notamment :
Un développement neurologique moins favorable chez le fœtus, les hormones thyroïdiennes maternelles jouant un rôle important dès les premières semaines de grossess ;
Des scores cognitifs plus faibles chez certains enfants, observés à l'âge de 18 mois puis entre 8 et 9 ans dans l'étude britannique ALSPAC (2) ;
Une fréquence plus élevée de certaines complications de grossesse, comme les fausses couches ou les retards de croissance, lorsque les apports en iode sont très insuffisants ;
Soyez rassurés, ces résultats concernent avant tout des situations de déficit marqué et ne signifient pas qu'une légère insuffisance en iode entraîne systématiquement de telles conséquences.
📚Pour aller plus loin, découvrez notre article consacré au manque d’iode et à ses conséquences sur l'organisme.
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Faut-il se supplémenter en iode pendant la grossesse ?
C’est la grande question de cet article. Pendant longtemps, la réponse a été assez claire : plusieurs organisations internationales, dont l’OMS, recommandaient une supplémentation en iode chez les femmes enceintes afin de garantir des apports suffisants tout au long de la grossesse.
Mais cette position est aujourd’hui discutée.
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🔬 Ce que disent les études récentes En 2021, la revue médicale française Prescrire a appelé à davantage de prudence, en s’appuyant notamment sur les données Cochrane de 2017 (3) et une publication de l’American Journal of Clinical Nutrition parue en 2020. Leur conclusion est nuancée : dans les pays où les apports en iode sont légèrement à modérément insuffisants, comme la France, les données disponibles ne permettent pas de démontrer clairement l’intérêt d’une supplémentation systématique chez toutes les femmes enceintes. |
Pourquoi cette prudence ? Parce que la marge est relativement étroite et qu’il est facile d'accumuler plusieurs sources au quotidien. L’iode ne se trouve pas seulement dans l'alimentation : on en retrouve parfois dans les multivitamines, certains compléments spécifiques ou encore les algues. Les apports peuvent donc s'additionner plus vite qu'on ne l'imagine. Or, pendant la grossesse, un excès d'iode traverse le placenta et peut exposer le fœtus à une hypothyroïdie.
La bonne approche n’est donc pas d’improviser une supplémentation, mais d’évaluer la situation avec un professionnel de santé, idéalement à partir d’un dosage iodé, comme l’iodurie.
Quelles sources alimentaires d'iode privilégier pendant la grossesse ?
Plusieurs aliments du quotidien permettent d’apporter naturellement de l’iode :
✅ Les poissons de mer, à raison de deux portions par semaine. Le cabillaud, les sardines ou le maquereau sont particulièrement intéressants, avec un avantage pour les petits poissons, généralement moins exposés au mercure.
✅ Les œufs et les produits laitiers qui constituent des sources régulières d'iode dans l'alimentation française et contribuent aux apports quotidiens.
✅ Le sel iodé, utilisé avec modération, peut également participer à la couverture des besoins, sans pour autant dépasser les recommandations sur la consommation de sel (5 g par jour).
À l'inverse, certains aliments demandent un peu plus de vigilance :
❌ Les algues marines ne sont pas à consommer tous les jours. Leur teneur en iode varie énormément d'une espèce à l'autre et certaines peuvent faire grimper les apports beaucoup plus vite qu'on ne le pense (4).
❌ Évitez les grands poissons prédateurs, comme l'espadon ou le marlin, qui concentrent davantage de mercure au cours de leur vie.
❌ Les fruits de mer doivent toujours être consommés cuits pendant la grossesse, par mesure de précaution sanitaire générale.
Pour découvrir d'autres sources alimentaires d'iode, consultez notre article dédié aux aliments riches en iode.
Iode et trimestres de grossesse : besoins par période
Les besoins en iode restent élevés tout au long de la grossesse, mais les enjeux ne sont pas exactement les mêmes d'un trimestre à l'autre. Voici ce qu'il faut retenir à chaque étape.
Période |
Ce qu'il se passe |
Point d'attention |
1er trimestre (4 à 12 SA) |
Le cerveau du bébé commence à se construire et le tube neural se met en place. |
Le fœtus dépend entièrement des hormones thyroïdiennes maternelles. |
2e trimestre (13 à 28 SA) |
La thyroïde du fœtus devient progressivement fonctionnelle à partir de la 18ᵉ semaine. |
Le bébé a désormais besoin d'iode pour produire ses propres hormones thyroïdiennes. |
3e trimestre (29 SA à terme) |
Le cerveau poursuit sa maturation et son organisation. |
Les besoins en iode restent élevés jusqu'à l'accouchement. |
Allaitement |
L'iode passe naturellement dans le lait maternel. |
Les recommandations restent fixées à 200 µg/jour selon l'ANSES et l'EFSA, et jusqu'à 250 µg/jour selon l'OMS. |
Ces repères restent indicatifs et ne remplacent pas le suivi réalisé par votre médecin ou votre sage-femme. En matière d'iode, les recommandations doivent toujours être adaptées à chaque situation.
Cet article est fourni à titre informatif et ne se substitue en aucun cas à un avis médical. Pendant la grossesse et l'allaitement, toute supplémentation alimentaire, y compris en iode, doit faire l'objet d'une discussion avec un médecin ou une sage-femme. L'Iode Marin Novoma est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes sans avis médical préalable.
ATTENTION - La supplémentation en iode pendant la grossesse et l'allaitement nécessite un avis médical préalable. Iode Marin Novoma n'est pas conçu spécifiquement pour la grossesse et son usage pendant cette période doit être validé par un professionnel de santé.
En complément de cet article, découvrez notre complément alimentaire d'Iode Marin.
Sources :
(1) Hiéronimus, S., Bec-Roche, M., Ferrari, P., Chevalier, N., Fénichel, P., & Brucker-Davis, F. (2009). Statut iodé et fonction thyroïdienne chez 330 femmes de la région niçoise évaluées en deuxième partie de grossesse. Annales D Endocrinologie, 70(4), 218–224. https://doi.org/10.1016/j.ando.2009.03.004
(2) Bath SC, Steer CD, Golding J, Emmett P, Rayman MP, 2013. Effect of inadequate iodine status in UK pregnant women on cognitive outcomes in their children: results from the Avon Longitudinal Study of Parents and Children (ALSPAC). The Lancet 382(9889):331-337. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23706508/
(3) Harding KB, Peña-Rosas JP, Webster AC, Yap CMY, Payne BA, Ota E, De-Regil LM, 2017. Iodine supplementation for women during the preconception, pregnancy and postpartum period. Cochrane Database of Systematic Reviews 3:CD011761. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28260263/
(4) Bouga M, Combet E, 2015. Emergence of seaweed and seaweed-containing foods in the UK: focus on labelling, iodine content, toxicity and nutrition. Foods 4(2):240-253. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28231201/
(5) ANSES, 2017. Actualisation des repères du PNNS — révision des repères de consommations alimentaires. Avis et rapport scientifique. https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2012SA0103Ra-1.pdf
